Semaine québécoise de la déficience intellectuelle | « Ça leur apporte un sentiment d’appartenance »
Semaine québécoise de la déficience intellectuelle | « Ça leur apporte un sentiment d’appartenance »
Daphnée a 26 ans et elle effectue différentes tâches au même endroit depuis neuf ans. Selon une de celles qui l’a supervise, elle est très fiable, fonceuse et elle aime apprendre. Par contre, les employeurs qui voudraient l’avoir dans ses rangs sont peu nombreux…
Pourquoi ?
Car elle a une déficience intellectuelle et un trouble du spectre de l’autisme.
« J’aime tout ici ! », s’est exclamée la jeune femme qui est une des membres de l’Association des personnes déficientes intellectuelles Bécancour-Nicolet-Yamaska (APDI).
Dans le jargon de ce milieu, on dit qu’elle participe au plateau de travail. Mais pour monsieur et madame Tout-le-Monde, elle fabrique des chandelles.
« Quand je fais ça, je trouve que ça sent toujours bon !, a lancé la native de Sainte-Monique. Et en plus, ce n’est pas trop stressant ».
Celle qui est une grande passionnée de films d’horreur était très souriante lorsqu’elle a raconté que la l’odeur vedette des bougies des dernières Fêtes de Noël provenait de son imagination.
« C’était au chocolat chaud avec de la fausse crème fouettée », dit-elle avec enthousiasme.
Son sourire était d’ailleurs contagieux tout au long de l’entrevue dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, qui se déroule du 16 au 22 mars. Son bonheur de se trouver à l’APDI aussi d’ailleurs.
Pour l’occasion, elle avait mis sa plus belle robe, celle de L’étrange Noël de Monsieur Jack, qu’elle a montrée fièrement.
Un véritable sentiment d’appartenance
Daphnée n’est pas la seule de cette intégration au travail qu’est donné par l’APDI. Ils sont environ une quinzaine y participer, dont les chandelles se retrouvent dans certains endroits de la région.
Pour l’intervenante sociale en déficience intellectuelle et en trouble du spectre de l’autisme, Catherine Harrel-Montembeault, ce qu’ils font est d’une importance capitale.
« Ça ne les diminue pas, dit-elle sans hésiter. Pour eux, c’est une fierté de produire ces chandelles en plus de leur apporter un sentiment d’appartenance ».
Et, pour l’intervenante, il n’y a pas de doute : ç’a grandement aidé Daphnée pour se retrouver un jour sur le marché du travail.
« Elle a atteint un autre niveau d’autonomie depuis qu’elle est arrivée ici », assure-t-elle en terminant l’entrevue.